Dimanche 27 septembre 2026 - 26ème du temps ordinaire — Notre-Dame d'Auteuil

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Dimanche 27 septembre 2026 - 26ème du temps ordinaire

Homélie du 27 septembre 2027 - 26ème du temps ordinaire

 

Quels sentiments habite le premier fils, celui qui refuse, se ravise et part finalement exécuter la demande de son père d’aller travailler à sa vigne ? 

Nous aborderons cette question en jugeant dans un premier temps l’attitude du second fils, qui à l’évidence agit comme un contre-exemple. Sa soumission apparente dissimule son inconsistance et son inconséquence. Son accord de façade révèle sa légèreté et dénonce les promesses non tenues de ceux qui privilégient l’apparence, à défaut d’avoir un réel caractère. Le paradoxe de la parabole est que, puisque le premier fils est allé à la vigne après avoir déclaré ne pas vouloir y aller, les gens pourraient croire, à la vue du travail effectué, que c’est lui qui l’a accompli alors qu’il n’a pas accompli son engagement. Il arrive parfois que les mérites des autres soient attribués à celui qui agréé à tout, par un qui pro quo bien chanceux pour lui. Ce second fils ne présente pas d’intérêt. Son attitude est trop commune, trop opportuniste pour attirer notre attention et il illustre trop les hâbleurs au verbe accommodant dépourvu de toute réalité. 

Revenons au premier fils. Son refus est net, sans nuance, presque brutal. Il exprime non pas une impossibilité ou une incapacité, mais une volonté. « Je ne veux pas ». La brutalité est d’autant plus saillante qu’il répond à son père. Il fait penser à cette phrase qu’on lit dans le prophète Jérémie, si bien donnée par le latin « Non serviam », « je ne servirai pas » que la culture chrétienne a transposé à l’attitude de Satan à l’égard des desseins de Dieu. « Je ne veux pas » contient plus que le refus d’une tâche confiée, mais un positionnement à l’égard du père. Ce n’est pas le fait d’obtempérer ou non qui est en cause, mais le quatrième commandement d’honorer son père et sa mère qui est en jeu. Ce refus net implique une rupture et une cassure. Or le temps travaille pour les hommes. Souvent nous pensons qu’il fige dans la durée les duretés du cœur et imprime une inévitable dégradation au cours des choses. Or chez le premier fils, un curieux renversement s’opère, comme un regret, une nostalgie d’une relation passée. En se ravisant, il se repent (metamelêtheis). Le repentir n’est pas un mot très à la mode, car il implique reconnaissance et réparation. Il suppose de faire le chemin inverse, de revenir de l’égarement. 

Dans le cadre du pardon et de la miséricorde, il peut se situer avant ou après le pardon. Dans les évangiles, Jésus accorde très rapidement le pardon des péchés, sans que le bénéficiaire ait la possibilité d’exercer préalablement son repentir. Dans le cas de la femme adultère, c’est l’envoi de Jésus qui l’implique : « va et ne pèche plus ». La parabole ne va pas aussi loin et nous amène à méditer sur la nature de la repentance. « Faites pénitence » n’est pas un appel à s’infliger aveuglément des sévices pour compenser une sorte d’indignité générale. Nous avons peut-être en arrière fond les excès flagellatoires des « pénitents » du siècle des grandes pestes associent aux danses macabres et à l’idée d’une humanité plongée dans l’obscurité, dans une sorte de délire collectif.

Le repentir du premier fils est précis et il est direct. Cela implique que lorsque Jésus cite les Publicains et les Putains comme devanciers des Pharisiens, ce n’est pas le contraste social qu’il fustige. Jésus n’oppose pas le peuple des marginaux à celui des zélateurs de la loi, mais repère que les premiers ont été capables d’authentiques repentirs, sur les points précis à leur vie les entrainait au péché, quand les seconds restent à la surface de leur propre péché. Les actes de piété, même de repentance, peuvent maquiller les véritables péchés qui infestent la conscience du pécheur. Les Pharisiens n’échappent pas non plus à ce travail de lucidité. 

Comme il est étrange qu’un simple repentir contienne tant de chose en lui-même. Le premier fils est évidemment un exemple. Le repentir vise précisément ce point de conversion. Parfois un petit caillou que nous laissons obstinément dans notre chaussure, quitte à subir tous les inconvénients qu’il provoque. Le repentir met en cause notre vanité et notre fierté, et nous détourne de l’entêtement.   

 

 

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