Dimanche 20 septembre 2026 - 25ème du temps ordinaire — Notre-Dame d'Auteuil

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Menu

Dimanche 20 septembre 2026 - 25ème du temps ordinaire

Homélie du 20 septembre 2026 - 25ème du temps ordinaire

Vous avez certainement déjà lu la comparaison entre l’âge de l’univers et une année. Pour donner l’idée de la durée du temps, on rapporte l’apparition de l’homme à quelques minutes avant minuit le 31 décembre au début de la création à la première seconde du 1er janvier de la même année. On se rend alors compte de la fugacité de notre existence sur la terre. 

Il est très possible que cette réduction du temps à une unité compréhensible pour notre conception est la méthode utilisée par Jésus dans sa parabole. La journée de travail représente ici l’histoire connue et les heures les grandes étapes du temps. Les écrits de sagesse utilisent parfois une manière très illustrée pour marquer les étapes de l’histoire. Le prophète Daniel compare la succession des empires dominant par une statue composée de haut en bas de matériaux de moins en moins nobles, marquant une sorte de décadence depuis les origines. L’argument d’une journée symbolique dans la parabole de Jésus repose sur sa conclusion : la récrimination des ouvriers de la première heure n’a de sens que s’il y a un lendemain. Si cela était le cas, ils pourraient négocier leur solde proportionnellement à la peine qu’ils ont endurées et aux heures qu’ils ont travaillées. Le comportement du maître n’a pas de sens s’il doit gérer un autre jour. L’incohérence économique de la parabole incline ainsi à ne pas y chercher une sorte de réflexion sur la doctrine sociale de l’Eglise.

Acceptant cette vision ramassée de l’histoire, nous pouvons tirer plusieurs leçons de l’enseignement du Christ :

Le Maître est sans aucun doute Dieu. Celui-ci intervient non seulement au début de l’histoire mais à ses différentes heures. L’image de la vigne désigne le domaine propre de Dieu. Les ouvriers désœuvrés représentent les hommes égarés au long des siècles qui attendent une manifestation de Dieu, un appel ou qui espèrent trouver le sens de leur vie. Jésus rappelle ici l’attitude continue et répétée de Dieu d’aller à la recherche de l’homme. Cette idée est souvent obscure dans les religions païennes ou dans les philosophies antiques. Les dieux demeurent dans leur domaine propre, et s’ils en sortent, c’est moins par intérêt pour les humains que pour leur propre calcul. Le Dieu des Philosophes est souvent un principe, un fondement garantissant la cohérence de l’Univers et non un être personnel. Dans les deux cas, il n’est jamais exprimé la sollicitude de Dieu pour les hommes. L’Ancien Testament développe cette idée jusqu’à Jésus que Dieu revient inlassablement vers son peuple. IL n’est pas qu’au début de la création, ni à son achèvement, mais pénètre par sa présence l’histoire des hommes. 

Les Ouvriers des différentes heures constituent ceux qui au travers des générations recueillent l’appel de Dieu. La plupart sont hébreux, certains comme la Bible parfois le décrit appartiennent aux Nations : Job, Cyrus, Melchisédek. Les ouvriers de la dernière heure, puisque la parabole est prononcée par le Christ, seraient ceux qui sont appelés par lui et reçoivent à l’identique ce que leurs ainés ont peiné à découvrir et à transmettre. Le denier est ici le jeton d’entrée dans le royaume des Cieux et les ouvriers de la dernière heure, les Chrétiens pour faire simple, le reçoivent sans la peine des siècles endurées par leurs prédécesseurs. 

La paie journalière du soir sert de conclusion à cette journée – histoire. Les hommes de chaque heure attendent leur rétribution légitime. La parabole ne parle pas de jugement, où les bons sont séparés des mauvais comme dans celle des brebis et des boucs. Elle met dans une même file les hommes des différentes heures, des différentes générations. Le soir indique la fin de la journée, et allégoriquement la fin des temps. Les hommes attendent la récompense promise pour leur peine et finalement reçoivent exactement la même chose. Ce qui est intéressant ici est de percevoir que les hommes de toute époque sont rassemblés dans une même attente, au seuil de l’entrée dans le royaume de Dieu, au seuil de la vie éternelle. Jésus utilise cette approche dans d’autres paraboles quand il parle par exemple de la Reine de Saba ou des Habitants de Ninive qui jugeront l’incroyance des hommes de sa propre génération. Le caractère universel de la « paie » nous situe dans la perspective du jugement dernier et final, où l’individualité de notre jugement est reprise par le don de Dieu symbolisé par le denier.

Les ouvriers, en tout cas les premiers, veulent faire valoir qu’ils méritent plus et veulent exercer un droit qu’ils estiment légitimes. Leur mérite est plus grand et il mérite un meilleur traitement que les autres hommes. Cette prétention s’affronte à une réalité qui évidemment ne concerne pas les rapports économiques et sociaux : ils ont été appelés, ils ont contribué à travailler la vigne du Seigneur, et celui-ci ne les a pas trompés. Leur exigence se heurte à la réalité symbolique de la parabole : le denier que le Maître donne n’est pas un salaire, mais la vie éternelle. 

Cette parabole cherche à découpler un raisonnement économique de réclamation d’un dû de la nature des biens du Royaume des cieux. 

Navigation