Homélie du dimanche 25 mai 2025 -6ème de Pâques — Notre-Dame d'Auteuil

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Homélie du dimanche 25 mai 2025 -6ème de Pâques

Homélie du 25 mai 2025

Il y a quelques jours je discutais avec un Japonais des religions de son pays. Je souligne qu’il était lui-même chrétien, ce qui ne l’empêchait pas d’en connaître suffisamment sur le shintoïsme. Nous parlions donc des Kamis, ces étranges divinités qui habitent les choses : les pierres, la mer, le soleil, et même des nœuds ou des locomotives ferroviaires. Au lieu d’avoir un seul dieu, créateur, les shintoïstes ont en des millions, répandus à travers la nature, selon les lieux, les saisons et les humeurs de chacun. Ils sont tellement nombreux ces kamis que personne ne cherche vraiment à en savoir plus sur eux. On les invoque, parfois en claquant deux fois dans les mains, ou en leur offrant des bâtonnets d’encens, quand un évènement important s’annonce : une naissance, un examen, un rendez-vous important pour un emploi. Généralement autour du nouvel an, les Japonais vont dans les magnifiques sanctuaires pour les honorer et leur confier leur bonne fortune. On tire au sort des présages, on laisse une offrande, et on revient heureux chez soi emportant une flèche divinatoire pour une année supplémentaire. Les Shintoïstes croient que les Kamis sont peut-être là, et ils ont appris à vivre avec eux, sans trop les déranger, un peu comme le chien du voisin qu’on ne veut pas réveiller quand il dort dans sa niche. Les Kamis sont parfois bienveillants, parfois rieurs, parfois malfaisants comme les elfes des légendes européennes. 

Par contraste, notre religion ne croit pas en des millions de petits dieux nichés dans les replis de la nature, mais dans un seul grand Dieu. Il ne se trouve pas en dessous des pierres, ni nichés dans la ramure des arbres. Il embrasse tout l’univers qui ne le contient pas, puisqu’il l’a créé. Plus important encore, ce grand Dieu unique a le puissant désir d’être connu de ses créatures, et en particulier de l’homme. Il ne veut pas seulement qu’on sache qu’il existe, qu’il est au fin fond de l’univers ou dans un lieu inconnu qu’on appelle le « ciel ». Ce grand Dieu qui peut être partout à la fois et à chaque endroit a décidé de se révéler aux hommes, et au bout d’une longue histoire de préparation, racontée par l’Ancien Testament, il a pris lui-même l’apparence humaine, et est devenu l’un de nous. Nous pouvons alors communiquer avec lui et peu à peu apprendre à vivre avec lui et non à côté de lui.

Ce grand Dieu a quelque chose que nous avons du mal à réaliser. Il est en lui-même l’amour et c’est ce que le mystère de la Sainte Trinité affirme. Il est relation d’amour éternel. Dans notre langage humain, que ce Dieu fait homme a lui-même utilisé, nous disons qu’il est Père, Fils et Saint Esprit. Il ne s’agit pas de trois personnages différents, mais de trois personnes, absolument unies, éternelles et qui ont un seule existence. On a parfois l’impression que ce sont trois personnages, parce que Jésus étant à la fois homme et Dieu, nous le voyons parler au Père comme si cela était un personnage bien différent. Or il n’en est rien. C’est simplement à cause de cette part humaine qu’il existe ce sentiment de différence. 

Je reviens maintenant à la raison d’une telle venue vers les hommes. Il n’y a pas d’autre motif sérieux que Dieu veut vous aimer et qu’en retour vous puissiez l’aimer, le connaître et l’honorer, et par là participer à son éternité et à son amour ; que vous puissiez le connaître par Jésus et en Jésus, telle une personne connait une autre personne. Dieu veut que vous viviez avec lui et non à côté de lui. Pour cela, Le Seigneur Jésus a institué des sacrements pour créer les conditions de cette relation. Et plusieurs jeunes de l’aumônerie vont les recevoir aujourd’hui. Certains communieront pour la première fois, progressant dans leur baptême, dans un lien plus fort avec le corps du Christ ; d’autres recevront les dons de l’Esprit Saint, qui confirmeront le choix que Dieu fait sur eux. Les sacrements trouvent leur force et leur pouvoir dans cette réalité. C’est pourquoi ils revêtent une telle importance. 

Cela vous amène maintenant à faire attention à des erreurs de langages : vous ne faites pas votre première communion, ni votre confirmation, comme si cela venait de vous d’être à l’origine de la communion avec le Seigneur Jésus ou de confirmer les dons de l’Esprit Saint. C’est à la grâce de Dieu qui vous touche aujourd’hui que cela revient.  

 

 

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