Fête du Christ Roi
« Alors, tu es roi ? » (Jean 18, 37)
En ces temps qui sont les derniers le Christ nous apprend à juger par nous-même : « Tu n’es pas loin du royaume des Cieux… Regarde cette veuve… Regarde le figuier… » Et juger par nous-même, c’est nous laisser saisir par la vérité.
« Je voyais venir comme un Fils d’homme… sa royauté ne sera pas détruite. » Et c’est dans la prière, au sanctuaire de la conscience, que nous apparaît Jésus qui vient… « celui qui est né, celui qui est venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. » Une vérité qui nous précède en notre être même et nous attire, qui se révèle à nous comme elle s’est révélée à Pilate : dans la royauté de Jésus, dans une royauté qui ne vient pas de ce monde et qui s’exprime dans le roi livré. Une royauté qui n’a pas besoin de garde car le Christ s’est remis au Père.
« Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. » Puissions-nous recueillir l’intelligence de l’œuvre de Dieu, car « la conscience de sa souveraineté est la source de l’immortalité » (Cf. Sagesse 15). Souveraineté de la vérité qui seule nous rassemble par le fond de notre être dans l’être même de Dieu. Puissions-nous prendre conscience qu’à travers notre fragilité-même le Seigneur suscite les bourgeons où se donne à voir et goûter le salut de Dieu, le rassemblement des débris épars de notre vie pour en discerner le fil rouge divin de son origine à son terme, le Christ, Alpha et Omega de nos vies.
Cela s’est exprimé au prétoire, chez Pilate, et cela s’exprime encore de nos jours : le témoignage chrétien, c’est le témoignage du Christ offert en jugement à travers son corps, l’Eglise.
Père Olivier Teilhard de Chardin
Homélie Père Roger Villlegas l.c
Notre-Dame d'Auteuil