Juillet
Août
L’Equipe Saint-Vincent et la Conférence Saint-Vincent de Paul recherchent des bénévoles disponibles pendant l’été, ne serait-ce qu’une quinzaine, pour rendre visite à des personnes du quartier, malades ou âgées (environ deux heures, une à deux fois par semaine), afin de rompre leur solitude. Pour un « été solidaire » envers ceux et celles qui ne peuvent partir, merci de vous faire connaître rapidement à l’accueil de la paroisse (01.53.92.26.26). Edith Colas et Philippe Menet.
8 et 11 sept.
La rentrée du catéchisme : inscriptions le mercredi 8 septembre de 9h à 12h et de 17h à 19h, et le samedi 11 septembre de 9h à 12h au 15 rue Antoine Roucher Rentrée : le mercredi 15 septembre (horaires et lieux donnés à l’inscription).
3 octobre Dimanche 3 octobre : messe d’installation de notre nouveau curé, Antoine de Romanet et lancement de l’année sur le thème « Famille et Jeunesse » avec un grand pique-nique et une après-midi festive à la Fondation d’Auteuil.
2009
17 oct. Rencontre thérésienne : "Thérèse et l'eucharistie" (14 h, Père J-C Hanus)
21 oct. Conférence "Eucharistie et Sacrifice" (20h30, Père Olivier Artus)
25 nov. Conférence "Eucharistie et communion" (20h30, Père Gabriel Delort-Laval)
28 nov. 1ère assemblée paroissiale, 15h30-18h00
2010
1er avril Jeudi Saint : Sainte Cène (20h, suivie d'un temps d'adoration)
27 mai Conférence "L’Eucharistie dans l’Art" (20h30, Dominique Ponnau)
30 mai Pèlerinage au Sacré-Cœur (et seconde assemblée paroissiale, 9h30-16h30)
3 juin L'Eucharistie (20h30-21h30)
FlUn diaporama pour mieux comprendre la messe

Des textes pour approfondir le mystère de l'eucharistie

Etre soi-même une présence réelle

Il y a dans l’Eucharistie une très grande exigence. La Présence réelle ne peut avoir son vrai sens pour nous que dans la mesure où je suis moi-même une présence réelle à toute l’Eglise et à tout l’univers. Le Seigneur doit vivre réellement dans notre cœur, il faut que nous soyons nous-mêmes des tabernacles. Il ne sert à rien que Jésus soit dans le tabernacle si nous ne nous sommes pas nous-mêmes son tabernacle. La Présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie, dont témoigne en permanence la lampe du sanctuaire, n’est réelle pour moi, ou du moins n’a de sens, que dans la mesure où je suis moi-même une présence réelle à toute l’Eglise et à tout l’univers. Le Bon Dieu doit être dans notre cœur, vivant en nous : il faut que nous soyons nous-mêmes des tabernacles de sa Présence réelle. Sa présence dans un tabernacle de bois ne sert à rien si nous n’en vivons pas. Le sens de l’Eucharistie, pour moi, est d’abord celui d’une action qui s’accomplit à la messe où nous allons à la rencontre de la Croix, et où nous devenons nous-mêmes le corps et le sang du Christ. L’Exposition du Saint-Sacrement n’a de sens que si elle renouvelle notre donation de nous-mêmes en nous permettant de devenir universels. Je suis catholique, cela veut dire que je suis donné à chacun, et débiteur de tous, je suis celui dont chacun peut demander la vie parce que je suis l’Eglise, corps mystique du Christ donnant même sa vie. Etre catholique veut dire que mon cœur n’a plus de frontières et que chacun est chez lui dans mon cœur. Et notre journal nous donne chaque jour les nouvelles que nous sommes chargés de porter dans notre cœur parce que le monde entier est notre famille. Tout est à vous et de tout vous êtes chargés, et votre communion signifie que vous répandez l’amour du Christ sur le monde entier qui ne peut vivre vraiment que par le Christ. Maurice Zundel (in Un autre regard sur l’Eucharistie, p. 162-16)

Communier : être en état de grâce ?

On n'est presque jamais tout à fait certain d'être en état de grâce, ou de ne pas y être... ce qui n'exclut pas le pressentiment profond venant de l'Esprit Saint que nous sommes enfants de Dieu - ou au contraire la quasi certitude (relativement calme si elle est objective) d'avoir rompu avec l'amitié divine.
Dans le premier cas on communiera sans inquiétude, et si l'on se confesse ce sera dans l'esprit que j'ai analysé déjà (celui de la confession de dévotion).
Dans le second cas au contraire, une quasi évidence intérieure nous interdira d'accéder à l'Eucharistie sans confession.
Restent les cas intermédiaires, où des péchés de matière plus ou moins grave ne parviennent pas à nous donner l'évidence pratique d'avoir perdu ou gardé l'amitié divine. Dans un domaine aussi mouvant, je ne saurais donner de directives absolues. Je propose toutefois deux principes (complémentaires l'un de l'autre) à l'usage de ceux qui ont vraiment faim et soif de la justice surnaturelle :
1. Dès que nous avons la crainte fondée d'avoir péché en matière grave, il ne faut pas chercher à savoir par l'introspection si nous avons perdu l'état de grâce. Il faut s'en remettre à la justice et à la miséricorde de Dieu, et par conséquent se confesser le plus tôt possible - non par scrupule mais par humilité, pour proclamer que nous ne voulons pas nous justifier nous-mêmes mais être justifiés par le Sang du Christ.
2. Dès que nous avons l'intention ferme et droite de nous confesser le plus vite possible, nous devons avoir confiance de retrouver aussitôt l'état de grâce. S'il y a par conséquent un obstacle sérieux (physique ou moral) s'opposant à la réception immédiate du sacrement de Pénitence, nous ne devons pas hésiter à communier (ce dernier point n'est valable que dans la mesure où l'axe habituel de notre vie est l'amour de Dieu par-dessus toutes choses).

P. M-D Molinié (Lettre à ses amis, la douceur de n’être rien. Ed. Pierre Téqui)

Hymne

Un petit nombre seulement
Sait le mystère de l’amour,
Éprouve l’insatisfaction
Et la soif éternelle.
La signification
Divine et la Cène
Aux sens humains est une énigme.
Mais qui jamais a bu
Sur de brûlantes lèvres bien-aimées
Le souffle de la vie ;
Senti son cœur, au saint embrasement,
Se fondre en ondes frémissantes ;
Qui a ouvert les yeux
Pour mesurer l’abîme
Insondable du ciel :
Il mangera, celui-là, de son Corps
Et boira de son Sang
A jamais éternel.

Le corps terrestre, qui en a
Déchiffré le sublime sens ?
Qui peut affirmer
Avoir compris le sang ?
Un jour, tout sera corps,
Unique corps,
Et dans le sang céleste baignera
Le couple bienheureux.
- Oh ! l’immense océan,
Que ne se rougit-il déjà !
Et le rocher, que n’émerge-t-il pas,
Que n’est-il chair exquise et parfumée !
Jamais il n’a de fin, le festin de délices,
Et jamais l’amour ne se rassasie.
Il ne possède l’être aimé jamais assez,
Ni d’une étreinte assez profonde et personnelle.

Novalis, Chants religieux .

Le vrai sens de la messe

En nous donnant l'Eucharistie le Christ a voulu nous rassembler en un seul corps si bien que, finalement, le sens de la messe, c'est la transformation de toute l'humanité et de tout l'univers en son corps et en son sang. Mais cela ne pourra se sentir que dans la mesure où nous nous engagerons à fond, dans la mesure où nous nous convertirons et où la messe retentira jusqu'aux racines de notre être : c'est ce qu'elle doit réaliser pour entrer dans les intentions du Christ. Le Christ nous a livré l'Eucharistie en même temps que la suprême consigne : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés." Et il s'est agenouillé au lavement des pieds pour nous apprendre que le sanctuaire de Dieu, c'est l'homme ; l'union avec Dieu ne peut pas se réaliser sans notre union avec l'homme, nous avons donc à accomplir en nous une transformation radicale. Et la messe d'abord veut réaliser cette communion avec toute l'humanité, toute l'histoire et tout l'univers, pour nous préparer ainsi à la communion avec notre Dieu. Le Christ est toujours déjà là, toujours présent, il est en chacun de nous une présence qui ne cesse jamais de nous accompagner, il ne nous est accessible que dans cette communion universelle, ce qu'on voit très bien dans son adorable cheminement avec les disciples d'Emmaüs. Le Christ est avec les disciples d'Emmaüs mais eux ne sont pas encore avec lui parce que leur cœur n'est pas encore axé totalement sur l'Amour : ce n'est que lorsqu'ils témoignent de leur charité envers le Christ-pèlerin que, tout d'un coup, il se transfigure à leurs yeux et leur devient présent. Nous avons à parcourir cet itinéraire.

Maurice Zundel, Un autre regard sur l'Eucharistie.

Jésus Christ, l'amour incarné de Dieu

Quand Jésus, dans ses paraboles, parle du pasteur qui va à la recherche de la brebis perdue, de la femme qui cherche la drachme, du père qui va au devant du fils prodigue et qui l'embrasse, il ne s'agit pas là seulement de paroles, mais de l'explication de son être même et de son agir. Dans sa mort sur la croix s'accomplit le retournement de Dieu contre lui-même, dans lequel il se donne pour relever l'homme et le sauver - tel est l'amour dans sa forme la plus radicale. [...]

À cet acte d'offrande, Jésus a donné une présence durable par l'institution de l'Eucharistie au cours de la dernière Cène. Il anticipe sa mort et sa résurrection en se donnant déjà lui-même, en cette heure-là, à ses disciples, dans le pain et dans le vin, son corps et son sang comme nouvelle manne (cf. Jn 6, 31-33). [...]

Mais il faut maintenant faire attention à un autre aspect : la "mystique" du Sacrement a un caractère social parce que dans la communion sacramentelle je suis uni au Seigneur, comme toutes les autres personnes qui communient : "Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain" , dit saint Paul (1 Co 10, 17). L'union avec le Christ est en même temps union avec tous ceux auxquels il se donne. Je ne peux avoir le Christ pour moi seul ; je ne peux lui appartenir qu'en union avec tous ceux qui sont devenus ou qui deviendront siens. La communion me tire hors de moi-même vers lui et, en même temps, vers l'unité avec tous les chrétiens. Nous devenons "un seul corps" , fondus ensemble dans une unique existence. L'amour pour Dieu et l'amour pour le prochain sont maintenant vraiment unis : le Dieu incarné nous attire tous à lui. [...] Une Eucharistie qui ne se traduit pas en une pratique concrète de l'amour est en elle-même tronquée. Réciproquement - comme nous devrons encore l'envisager plus en détail - le "commandement" de l'amour ne devient possible que parce qu'il n'est pas seulement une exigence : l'amour peut être "commandé" parce qu'il est d'abord donné.

Extrait de l'encyclique de Benoît XVI, Dieu est amour

Le Pain de la Résurrection

Si le Baptême est bien le sacrement par lequel le Christ engendre, membre par membre, son Corps, l'Eucharistie est le sacrement par lequel le Christ unit entre eux ses membres rassemblés et leur donne la structure fraternelle d'un Corps.

Au Baptême, enfantés par un pouvoir qui dépasse celui de la culture, du sexe ou de la société, nous devenons des fils à l'image du Fils auquel nous sommes incorporés. Dès lors, aucune différence ne nous sépare dans l'unité que le Christ nous confère en nous donnant sa vie. Circulant identique en chacun, la vie du Christ nous unit dans le même organisme que l'Esprit désaltère (...)

Une pareille vie ne peut durer que par la force de celui qui la donne. Etant celui sans qui nous serions affamés, le Christ fait de nous, dans son Eucharistie, des êtres qui n'ont rien à échanger que le commun besoin qu'ils ont tous de lui.

Aussi, quand le Christ convoque les membres de son Corps pour les regrouper à sa table, il ne peut leur donner que lui-même. Un seul ici rassemble ; un seul aussi nourrit.

Rassasiés par le Pain de la Résurrection, nous découvrons que le Pain qu'est le Christ fait lui-même l'unité de l'Eglise, et construit seul la Maison : Puisqu'il n'y a qu'un seul Pain, nous sommes tous un seul Corps (1 Co 10, 17).

Aussi devenons-nous unis, liés les uns aux autres, d'une unité qui n'abolit pas nos relations humaines. D'un lien qui ne détruit et ne détend aucune solidarité, mais qui les approfondit, en les transfigurant en Corps et en Chair, en pierre vivante de l'Eglise.

On ne communie jamais à la Tête, dit Saint Augustin, qu'en communiant aussi à tout le Corps qu'est l'Eglise.

Père Gustave Martelet, s.j.

Les trois modes de la présence de Jésus

Comment puis-je m'autoriser à dire que toute la vie chrétienne est contenue dans les trois façons dont Jésus se présente à nous, à la fois comme un présent et comme un absent, comme un caché, comme un être dont seule la foi et l'amour puissent l'atteindre puisque justement il veut qu'il en soit ainsi ? Il l'a dit à ses disciples : "Je m'en vais et je m'en vais justement pour que vous puissiez découvrir l'Amour en l'Esprit".

Comment le Christ se présente-t-il à nous ? Quelles sont les trois façons dont il fait appel à notre foi dans l'Esprit, pour le rencontrer ? Eh bien, pour cela, je voudrais vous renvoyer au récit des disciples d'Emmaüs (Lc 24, 13-35). Je voudrais simplement le reprendre sous l'angle suivant : dans ce récit, nous est présentée notre relation, pas seulement celle des disciples d'Emmaüs, mais notre propre relation à Jésus ressuscité, selon trois modes.

Il y a d'abord une rencontre avec "Jésus-Prochain", ensuite avec "Jésus-Evangile" et, enfin, avec "Jésus-Eucharistie". Ou pour dire les choses autrement, ce récit de Jésus ressuscité venant à la rencontre de ses disciples le présente comme "Charité et Prochain", comme "Vérité et Evangile", comme "Réalité et Eucharistie". Donc les trois modes de rencontre de Jésus sont :
- la Charité dans la rencontre avec Jésus dans le prochain,
- la Vérité dans la rencontre avec Jésus dans l'Evangile,
- la Réalité dans la rencontre avec Jésus dans l'Eucharistie.

Et il n'y a pas seulement ces trois modes, il y a aussi la relation qu'il faut entretenir dans la vie chrétienne concrète entre ces trois modes. La relation cruciale entre ces trois modes est donnée, dans le récit d'Emmaüs, dans la découverte du sens pascal de la vie de Jésus à la lumière de l'Ecriture. Il n'y a pas d'accueil de Jésus-Eucharistie sans l'accueil du sens pascal de l'Ecriture. C'est lorsque les cœurs sont brûlants de ce sens pascal de Jésus dans les Ecritures - ou des Ecritures comme livrant le sens pascal de la vie et de la mort et de la Résurrection de Jésus - c'est lorsque les cœurs sont brûlants que la rencontre avec Jésus-Eucharistie est possible. Mais c'est quand même la rencontre avec Jésus-Prochain qui met sur le chemin de la découverte pascale. C'est parce qu'il y a l'accueil de l'étranger par charité qu'il y a une première ouverture établie dans le coeur, qui finit par faire sien ce sens pascal. Par-delà la tristesse, ou le repli sur soi, les cœurs sont préparés ; et les cœurs sont préparés dans des rencontres successives où Jésus révèle qui il est dans la fraction du pain.

Autre chose : au verset 35 il est dit "fraction". Il y a trois mots dans le Nouveau Testament : fraction, fragmenter le pain, fragment - comme les fragments qui étaient ramassés dans les récits de la multiplication des pains. Et ce mot est devenu un terme technique, parce que lorsqu'on fractionne le pain, on voit à ce moment-là que ce pain est Eucharistie. Pourquoi? Je ne peux répondre à cette question qu'en vous en disant le sens spirituel : c'est parce que le Corps de Jésus est un Corps pascal, un Corps sacrifié, offert, qu'il est reconnu dans une fraction. Par conséquent, l'Eucharistie est l'intimité même, la profondeur même du mystère pascal. C'est pour cela qu'il y a fraction du pain. Le Corps de Jésus a été pain donné sur la Croix, ne l'oublions pas. Voilà donc comment Jésus nous rencontre dans la vie et, lorsque nous acceptons d'entrer dans le jeu de son mystère pascal, nous nous nourrissons de ce mystère dans l'Eucharistie pour être renvoyés à nouveau vers les disciples, comme l'étaient les disciples sur le chemin d'Emmaüs pour dire : "Jésus est ressuscité!" C'est ça le fondement de notre joie, de notre fraternité, de notre apostolat.

Cela est-il passé dans la vie du Concile et de l'Eglise dans ses orientations actuelles ? Oui, très certainement. Au paragraphe 7 de la Constitution sur la Liturgie, on voit la volonté expresse de l'Eglise de compléter ce qui est dit par le Concile de Trente, sur la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. Car ce paragraphe affirme que pour assimiler cette présence réelle de Jésus Eucharistie, il faut que nous fassions attention à ces autres présences que sont la présence dans la Parole, et la présence dans l'assemblée par la Charité. Pour la présence dans l'assemblée par la Charité, l'affirmation du Concile est renforcée par la citation de Matthieu : "Où deux ou trois sont rassemblés en mon Nom, Je suis là au milieu d'eux" (Mt 18,20) Par conséquent, il y a volonté expresse de l'Eglise de dire que nous comprendrons et nous assimilerons le sens de Jésus-Eucharistie, la réalité du mystère pascal donné pour nous, si nous aimons nos frères et si nous accueillons le sens pascal de l'Evangile avec nos frères. Mgr Francis Frost (extrait d'une retraite à des Consacrées)

Saint oubli, sainte mémoire : "Faites ceci en mémoire de moi"

Les sacrements de l'Église nous font accéder à une forme particulière de "sainte mémoire". On pourrait dire que dans le sacrement, la mémoire est tellement concentrée, tellement condensée, que ce n'est pas seulement un souvenir que nous évoquons, mais la réalité. C'est la réalité même du passé qui se fait présente. Maintenant. Dans toute la fraîcheur de sa nouveauté. Le sacrement est un contre-poison efficace contre notre malheureuse propension à utiliser la mémoire pour fuir le réel présent et vivre dans un passé lointain dépourvu de réalité. Le sacrement ne nous fait pas retourner en pensée vers des événements du passé, mais ce sont ces événements mêmes qui viennent à nous. Ils sont devenus la réalité de maintenant.

Chaque sacrement est "mémoire" d'un certain aspect ou d'un épisode de la vie de Jésus sur terre ; mémoire qui nous fait voir sa dimension éternelle de telle sorte que Jésus devient, sous cet aspect ou sous cet acte, notre contemporain. [...] C'est surtout dans l'eucharistie que la "sainte mémoire" est la plus reconnaissable. Quand le prêtre répète les paroles de Jésus : "Faites ceci en mémoire de moi" , le mot "mémoire" se charge d'un sens extrêmement fort. Maintenant, il ne s'agit plus d'une actualisation de l'un ou l'autre aspect de la vie de Jésus, c'est toute sa vie qui est présente, ici et maintenant. Sur la croix, Jésus a récapitulé tout ce qu'il avait été et tout ce qu'il avait fait durant sa vie. Et cette récapitulation, le don total de soi dans l'amour, devient réalité actuellement présente chaque fois que nous célébrons l'eucharistie.

Ce sacrement est une victoire grandiose sur les forces dissolvantes du temps. Dans la mémoire eucharistique, l'Éternel se donne lui-même à nous, non comme élevé au-dessus du temps ou déconnecté de lui, mais au contraire comme profondément engagé dans le temps. Par sa mort et sa résurrection, centre de l'histoire, il détruit le mur de séparation (Ep 2, 14). Y compris le mur qui séparait le passé du présent et de l'avenir. Tout est là simultanément. Et cette présence totale vient à nous quand nous faisons " ceci" en mémoire de lui. Dans la prière O sacrum convivum :
     "Banquet très saint où Je Christ est reçu en nourriture :
      Le mémorial de sa passion est célébré,
      Notre âme est remplie de sa grâce,
      Et la gloire à venir nous est déjà donnée."
saint Thomas d'Aquin (1225-1274) montre de manière claire et concise, comment l'eucharistie renverse les murs qui séparent présent, passé et avenir. Wilfrid Stinissen, o.c.d., in L'éternité au cœur du temps, éd. du Carmel.

Eucharistie, résurrection : le rôle primordial du corps

Tant dans la Transfiguration que dans l'Eucharistie se manifeste la valeur spirituelle suprême conférée au corps humain par le Christ lui-même. Dans ces deux événements il nous est clairement manifesté que dans le Christ "habite corporellement toute la plénitude de la divinité" (Col 2, 9). Se manifeste aussi par là, d'avance, la valeur éminente reconnue au corps de tout fidèle participant au Christ par la communion et devenu à sa ressemblance et par grâce porteur des énergies divines.

La Mort du Christ sur la Croix, où il "a porté lui-même nos fautes dans son corps" (1P 2, 24), relève de la volonté divine de délivrer les hommes de l'emprise du péché et de la tyrannie du diable qui l'un et l'autre depuis le péché d'Adam les dominaient et les vainquaient par la mort et les tenaient prisonniers des enfers. Elle témoigne aussi de la volonté de délivrer le corps de la corruption, de la dissolution et de la mort éternelle. Ici encore il faut souligner avec saint Paul le rôle primordial que joue le corps du Christ dans l'accomplissement du salut et de la divinisation potentiels de tous les hommes : "nous avons été sanctifiés par l'offrande du corps de Jésus-Christ faite une fois pour toutes" (He 10, 10).

La Résurrection témoigne de cette libération et de cette victoire acquises définitivement par le Christ pour tous les hommes, où la vie éternelle est conférée non seulement à l'âme, mais au corps.

Ressuscité, le corps du Christ manifeste les caractères qui seront ceux de notre corps après la résurrection et qui étaient déjà pour une part ceux du corps de nos premiers parents au paradis. Il a accédé à une modalité d'existence surnaturelle. Il a une apparence différente (Mc 16, 12), à tel point que les disciples du Christ ne peuvent le reconnaître (Jn 21, 4 ; Lc 24, 16 et 37), et il échappe désormais aux lois de la matière : nous le voyons ainsi capable de pénétrer dans une pièce dont toutes les portes sont closes (Jn 20, 19 et 26), de se manifester au même moment en plusieurs lieux différents (Mc 16,9-14), ou de se rendre invisible de ceux qui sont à ses côtés (Lc 24, 31). Le Christ a pourtant toujours un corps humain, et qui est bien son propre corps (Lc 24,39-40 ; Jn 20, 27). Jean-Claude Larchet, in Ceci est mon corps, éd. La joie de lire

Le Ressuscité est toujours là !

Christ n'est pas présent au monde à la manière d'un fluide diffus dans l'espace. Ressuscité corporellement, il vient par des chemins bien tracés. Multiples sont ces chemins. Maître du monde par sa Résurrection, Christ y entre par diverses portes.

Il s'y rend présent par le sacrement fondamental, l'Eglise qui est son corps. Par la Parole des Ecritures et la prédication authentique de la foi, qui est une irradiation de la gloire du Ressuscité. Tous les moyens de salut sont des chemins de la venue, des formes de l'apparition, des lieux de la rencontre pascale. De cette venue et de cette communion, l'Eucharistie est le sacrement éminent. Elle est la fidélité manifeste de Jésus à sa promesse : je viens à vous. Encore un peu de temps, et vous me verrez (Jn 14,18.28). C'est comme présence du Christ à l'Eglise que l'Eucharistie a été vécue par les premiers chrétiens qui, disent les Actes des Apôtres, rompaient le Pain à la maison en allégresse et simplicité de cœur (Ac 2,46).

Dans la joie, qui est celle de la rencontre du Ressuscité, celle du jour ultime. Dans la suite, c'est le premier jour de la semaine qu'ils se réuniront, en ce jour pascal de Résurrection et d'Apparition. Aujourd'hui, Jésus ressuscite, en notre monde, dans la visibilité de ce signe. L'Eucharistie est une forme permanente de l'apparition pascale. Jésus est vivant ; il est rencontré dans la Parole des Ecritures et dans la Fraction du Pain, comme à Emmaüs. L'Eucharistie prolonge aujourd'hui, dans l'Eglise, les apparitions du Ressuscité. Christ n'apparaît pas, en effet, dans le sacrement, vingt siècles après la Résurrection. C'est dans l'acte même de sa Résurrection qu'il vient, qu'il apparaît dans la foi, par l'unique action divine qui le glorifie pour nous. Il ressuscite Eucharistie de sa Passion rédemptrice, l'Eucharistie est le Sacrement de la Résurrection de Jésus en ce monde, sa manifestation pascale dans la foi. Par le Pain et le Vin consacrés, Christ ressuscité vient à la rencontre de l'Eglise en ce monde. Sa présence est la venue finale du Christ aujourd'hui. François-Xavier Durrwell

Eucharistie, réconciliation, miséricorde...

L'Eglise vit d'une vie authentique lorsqu'elle professe et proclame la miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu'elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice. Dans ce cadre, la méditation constante de la parole de Dieu, et surtout la participation consciente et réfléchie à l'Eucharistie et au sacrement de pénitence ou de réconciliation, ont une grande signification. L'Eucharistie nous rapproche toujours de cet amour plus fort que la mort : "Chaque fois en effet que nous mangeons ce pain et que nous buvons cette coupe", non seulement nous annonçons la mort du Rédempteur, mais nous proclamons aussi sa résurrection, "dans l'attente de sa venue" dans la gloire. La liturgie eucharistique, célébrée en mémoire de celui qui, dans sa mission messianique, nous a révélé le Père par sa parole et par sa croix, atteste l'inépuisable amour en vertu duquel il désire toujours s'unir à nous et ne faire qu'un avec nous, allant à la rencontre de tous les cœurs humains. C'est le sacrement de la pénitence ou de la réconciliation qui aplanit la route de chacun, même quand il est accablé par de lourdes fautes. Dans ce sacrement, tout homme peut expérimenter de manière unique la miséricorde, c'est-à-dire l'amour qui est plus fort que le péché.

[...]La miséricorde, en tant que perfection du Dieu infini, est elle-même infinie. Infinie donc, et inépuisable, est la promptitude du Père à accueillir les fils prodigues qui reviennent à sa maison. Infinies sont aussi la promptitude et l'intensité du pardon qui jaillit continuellement de l'admirable valeur du sacrifice du Fils. Aucun péché de l'homme ne peut prévaloir sur cette force ni la limiter. Du côté de l'homme, seul peut la limiter le manque de bonne volonté, le manque de promptitude dans la conversion et la pénitence, c'est-à-dire l'obstination continuelle qui s'oppose à la grâce et à la vérité, spécialement face au témoignage de la croix et de la résurrection du Christ.

C'est pourquoi l'Eglise annonce la conversion et y appelle. [...] La conversion à Dieu est toujours le fruit du retour au Père riche en miséricorde. La miséricorde divine, 2e lettre encyclique de Jean Paul II, §13

La Croix, chemin de miséricorde

M oi misérable qui suis ténèbre, je vais recevoir une étreinte d’amour de la part de Jésus. Alors je viens vers lui… Pensez au geste du père de famille avec l’enfant prodigue qui lui dit : "Pardonne-moi car j’ai péché contre le Ciel et contre toi" (Lc 15, 19) : il le serre contre lui. Plus un saint est dans l’amour plus il sent l’envahissement et la gravité du péché du monde dans lequel il est plongé. Ainsi cette Croix va plonger immédiatement dans notre temps. Cet acte, par lequel le Sauveur Jésus, il y a deux mille ans, sauvait tous les temps et tous les espaces, s’est enfoncé dans l’éternité divine où il est impérissablement présent et est réactualisé chaque fois qu’il y a une consécration. Les apparences séparées du pain et du vin vont désigner, dans la douceur de ces humbles choses, la tragédie de la Croix sanglante. A l’acte d’offrande, Dieu répond par une miséricorde descendant à travers la Croix, sur toute l’humanité de tous les temps. Au moment de la consécration, les deux mille ans qui nous séparent de la Croix sont abolis : nous sommes là comme l’étaient la Sainte Vierge et saint Jean. Cardinal Journet, in Le mystère de l’Eucharistie, éd. Téqui

Eucharistie et Transfiguration

I l est particulièrement caractéristique que lorsque le Christ veut rendre ses fidèles participants à lui-même de la manière la plus profonde et la plus intime, et les faire communier à ce qu'il est, il leur donne en nourriture son propre corps et son propre sang. En communiant au corps et au sang du Christ, le fidèle communie aussi à l'âme et à l'esprit du Christ, bref, à toute la personne du Christ. On voit là confirmés par le Christ lui-même, d'une part le lien essentiel qui unit dans l'être humain le corps à l'âme et à l'esprit, et d'autre part le fait que le corps implique la personne tout entière. Dans le cas du Christ, en outre, la nature humaine étant en sa personne unie à la nature divine, la communion à son corps implique la communion à la nature divine, et donc non seulement à la personne du Verbe, mais aussi à la personne du Père et à celle du Saint-Esprit puisque la nature divine est unique et commune aux trois personnes divines. Cette étroite union de la nature humaine du Christ à la nature divine en sa personne s'est manifestée de manière éclatante lors de l'épisode de la Transfiguration, où le corps du Christ est devenu, aux yeux des apôtres présents soudain ouverts par l'Esprit Saint, transparent aux énergies divines et où, à travers son corps, la nature humaine du Christ s'est révélée remplie, baignée, enveloppée et pénétrée par elles. Par la Transfiguration est ouverte la possibilité à ceux qui en sont dignes de voir, dans la lumière incréée, le Christ glorifié jusque dans son corps, mais aussi, étant intimement unis au Christ, de recevoir et de manifester par grâce cette même lumière que le Christ possède par nature et dont il rayonne. La Transfiguration témoigne donc non seulement de manière éclatante de la divino-humanité du Christ, de l'étroite union et compénétration, en sa personne, de ses deux natures, divine et humaine, mais aussi de notre vocation à être divinisés par grâce dans la totalité de notre être, y compris notre corps. Tant dans la Transfiguration que dans l'Eucharistie se manifeste donc la valeur spirituelle suprême conférée au corps humain par le Christ lui-même. Dans ces deux événements il nous est clairement manifesté que dans le Christ "habite corporellement toute la plénitude de la divinité" (Col  h29). Se manifeste aussi par là, d'avance, la valeur éminente reconnue au corps de tout fidèle participant au Christ par la communion et devenu à sa ressemblance, et par grâce, porteur des énergies divines. Jean-Claude Larchet (Ceci est mon corps, éd. La joie de lire)

Un pain donné pour changer la vie

Si nous nous éprouvons bien nous-mêmes, avant de le recevoir, comme le recommande Saint Paul, si nous le recevons dignement, Dieu lui-même nous assimile à lui. Ceci arrive lorsque nous savons nous dépouiller de notre propre moi, lorsque nous cessons, en quelque sorte d'exister pour tout ce qui n'est pas Dieu. Mieux les aliments que nous mangeons sont assimilés, plus ils cessent d'être ce qu'ils étaient avant d'être consommés.

Veux-tu savoir alors si Dieu s'est bien nourri de toi, s'il a pu t'assimiler à lui ? Vois donc si tu le sens présent en toi et si tu te sens en lui. Car il dit : "Qui mange ma chair et boit mon sang, celui-là demeure en moi, et moi en lui" (Jn 6,56).

Si tu veux que le Seigneur puisse t'assimiler, il faut que tu cesses d'être ce que tu es, comme la nourriture doit être transformée en celui qui la mange.

Veux-tu être vraiment changé en Dieu ? Laisse ce que tu es ! Il te faut pour cela, t'approcher souvent du Sacrement de l'autel. C'est lui, le Christ présent dans ce sacrement, qui t'attirera, de telle sorte que ton vieil homme sera peu à peu intérieurement transformé.

Ce Pain spirituel que tu manges dans l'Eucharistie te séparera peu à peu de tout toi-même. Examine donc si, après avoir mangé ce Pain, ton cœur est plus détaché de tout ce qui n'est pas Dieu. Si la vie qu'il t'a communiquée ainsi a pénétré tout ton être, tes sens, tes habitudes, tes paroles et tes actions. Alors le Sacrement du Pain consume et rejette de toi ce qui est mauvais. Dieu entre vraiment en toi. Et il manifeste sa présence dans toute ta conduite, ton amour, tes pensées et tes intentions (...). Il change l'homme que tu es ; toute ta vie est alors façonnée et dirigée par Dieu ; vers lui nous sommes attirés et par lui assimilés. Jean Tauler o.p.

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Départ et arrivée

Après une année et neuf années de présence parmi vous, deux de vos prêtres vont quitter Notre-Dame d'Auteuil. A la demande de notre Archevêque, le Père Olivier Derlincourt a accepté de renforcer l'équipe des prêtres de Saint-Michel des Batignolles dans le 17ème arrondissement tout en poursuivant sa licence en Droit Canonique et le Père Gonzague Chatillon rejoindra la paroisse Saint-Louis d'Antin spécialement au service de l'Eucharistie et de la Pénitence.

Mais le Seigneur veille... puisque vous accueillerez en septembre comme curé, le Père Antoine de Romanet actuellement responsable de la Paroisse Saint-Louis de France à Washington et le Père Jean-Pierre Berny, actuellement curé de Sainte-Colette des Buttes Chaumont dans le 19ème arrondissement. Bienvenue à tous deux ! Nous prions, bien sûr, pour les uns et pour les autres.

Editorial

27 juin : Tenez bon !

La lettre de Saint Paul aux Galates proposée à notre méditation par la liturgie de ce jour, me conduit spontanément à mettre en relief ce message de fidélité et d’amour qui nous est particulièrement destiné: « Le Christ nous a libérés pour que nous soyons vraiment libres. Alors, tenez bon et ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage ! »

Au terme de ces neuf années de compagnonnage avec vous, il y a une question que je garde au fond de moi-même qui est, non pas seulement une invitation à la conversion pour moi-même comme pour chacun de nous mais surtout une prise de conscience d’un trésor qui nous est confié et dont, me semble-t-il, nous n’avons pas encore saisi toute la force et la grandeur. Baptisé, fils et fille bien-aimés du Père, frère et sœur de Jésus Christ, nous sommes la communauté des Chrétiens, signe visible de l’Eglise dans ce quartier, cette Eglise qui s’identifie à Jésus ; et nous savons bien que le but de notre vie chrétienne consiste à marcher à sa suite. Autrement dit, dans notre marche à la suite du Christ, nous devons nous poser cette question : qu’est-ce que l’Eglise pour moi ? Mais aussi : ma place en son sein – quelle est-elle ? Cette question me taraude aujourd’hui, tant nous faisons de séparation entre la Parole de Jésus et l’accueil de ce que l’Eglise nous enseigne et nous demande. Normalement, au fur et à mesure que passent les années, nous devrions acquérir une conscience plus forte et plus fine de notre appartenance à l’Eglise, non pas comme une institution, mais comme une communauté de frères et sœurs, extrêmement différents, reconnue comme ma famille spirituelle, comme Corps du Christ.

De même que peut s’approfondir le sens de la fraternité en famille, lorsque les membres d’une même fratrie prennent de l’âge, de même, les baptisés s’accueillent de plus en plus en frères et sœurs tandis qu’ils progressent dans la foi malgré les profondes différences de tempérament, de culture, de comportement, d’histoire qui peuvent être les leurs. Depuis les premières générations chrétiennes, nous nous donnons le nom de « frères et de sœurs ». Mais quelle est la nature de cette fraternité ; en quoi le fait de vivre cette fraternité chrétienne est-il un puissant moteur de sanctification des personnes. Que cherchons-nous ensemble ? Quel but commun partageons-nous ? Comment nous aidons-nous à l’atteindre ? Quels renoncements suis-je prêt à engager ? Relisez les grands évènements vécus cette année : comment les ai-je pris en compte dans ma vie ?

Ces questions je vous les livre avec l’assurance que je les porte avec vous et que ma prière vous accompagne pour que l’Esprit Saint nous aide à avancer ! Père Gonzague Chatillon

Les éditos des dimanches précédents

20 juin : Et vous, que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ?

Comme dit Saint Paul dans l’épitre aux Galates : "Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ". Aussi est-il légitime que chacun se pose cette double question de Jésus : Qui est-il pour moi réellement dans ma vie ? Et puis aussi qu’est-ce que je dis de lui à mes proches, à ceux que je rencontre ?

Dans une équipe de jeunes couples, à l’issue du parcours de deux ans, l’un d’entre eux nous avait apporté son témoignage sur ce que lui avaient apporté les échanges de l’équipe. Il avait simplement découvert la foi au Christ. Avant, être chrétien était du domaine de la pensée, une façon de vivre. En entendant les autres, ce couple avait découvert que le Christ était une personne présente avec nous, et que la relation que l’on pouvait avoir avec lui était dans le concret, dans la vie. Qu’il s’adressait à nous à travers sa Parole et nous invitait à vivre autrement. Qu’à travers lui, nous pouvions prier Dieu, lui confier nos joies, nos peines.

Aujourd’hui, Jésus nous invite "à marcher à sa suite" sur un chemin qui est celui de l’amour, un chemin qui répond à notre vocation d’homme créé à l’image de Dieu. Mais un chemin qui n’est pas facile. Il nous faut prendre notre croix chaque jour pour suivre Jésus et être fidèle à notre baptême. Etre chrétien, c’est rayonner de l’amour de Dieu, c’est dire notre foi au Christ mort sur la croix et ressuscité pour nous sauver. Etre chrétien c’est être missionnaire pour porter la bonne nouvelle du salut dans le Christ dans nos lieux de vie selon des voies que chacun doit inventer. Jean-Pierre Chaussade, diacre

13 juin : A cause de son grand amour...

Qu’est-ce qui caractérise les chrétiens ? Sont-ils forcément meilleurs que les autres ? Non, les chrétiens sont essentiellement des PPP : de Pauvres Pécheurs Pardonnés. Pauvres, parce que nous ne sommes que des créatures, avec nos fragilités et nos faiblesses. Pécheurs, parce qu’il nous arrive à tous de faire le mal. Pardonnés, parce que le Christ a donné sa vie pour nous réconcilier avec Dieu. Certes, le Seigneur veut nous combler de ses richesses, Il veut nous rendre participants de sa nature divine (2P1, 4). Cependant, soyons réalistes : tant que durera notre pèlerinage sur la terre, il nous arrivera de chuter. Alors, nous faut-il désespérer et rester prostrés à terre ? Non : "un saint", disait sainte Thérèse d’Avila, "ce n’est pas quelqu’un qui ne chute jamais, c’est un pécheur qui se relève toujours. Et plus on est saint, plus on se relève vite".

Souvenons-nous du pharisien et du publicain de l’évangile : le premier rend grâces à Dieu parce qu’il est meilleur que le second, et il se glorifie de ses bonnes œuvres. Le publicain, lui, n'ose même pas lever les yeux vers le ciel, mais il se frappe la poitrine en disant : "Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis" (Lc 18, 13). Jésus conclut : "Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l'autre" (Lc 18, 14). De même, dans l’évangile de ce dimanche, Simon méprise la femme qui est aux pieds de Jésus : à ses yeux, elle est essentiellement "une pécheresse". Elle, au contraire, ne juge pas les autres, mais se place dans une attitude humble et confiante par rapport à Jésus. Elle se sait pécheresse, mais elle croit surtout que la miséricorde de Dieu est suffisamment grande pour qu’Il la pardonne. Et c’est ce qui arrive : "Ta foi t'a sauvée. Va en paix !"

En cette période où l’actualité nous a rappelé que les chrétiens ne sont pas forcément meilleurs que les autres, à commencer par ceux qui ont reçu la charge de guider les fidèles, souvenons-nous que nous sommes tous des PPP, et montrons beaucoup d’amour envers notre Sauveur. Pour nous y aider, prions avec confiance la Vierge Marie : "Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort". P. Arnaud Duban

6 juin : Le Saint-Sacrement

Ce que l’on ne peut comprendre et voir, le pain se changer en corps du Christ, le vin se changer en sang du Christ, notre foi ose l’affirmer. L’Eucharistie est un mystère : on ne peut l'aborder que dans la foi. Dans l’évangile de la multiplication des pains, Jésus voulait se retirer à l’écart avec ses disciples pour prier et se reposer, et il est assailli par la foule. Il ne se dérobe pas mais pris de compassion pour ces brebis sans pasteur, il se met aussitôt à les instruire. Il leur parlait du règne de Dieu. La Pâque est proche et cet évangile de la multiplication des pains est, devant une foule, le prélude à la Cène et à l’institution du sacrement de l’Eucharistie.

Les disciples, comme nous l’aurions probablement fait, s’inquiètent des aspects pratiques. Le jour baisse et comment loger et nourrir cette foule ? Le Christ s’occupe en premier d’instruire cette foule sur le règne de Dieu. Le Christ met la Parole en premier, la Parole qui appelle à la foi et à l’engagement. Le Christ est notre nourriture de l’âme et du corps, l’un ne va pas sans l’autre.

Lorsque nous préparons un repas pour recevoir un invité, ou préparons une rencontre avec un ami, ou un rendez-vous de travail, nous pensons aux aspects pratiques. Ne pourrions-nous pas demander au Seigneur de nous indiquer ce dont l’invité, l’ami, la relation de travail a besoin, et de nous aider à être attentif à lui ? Nous pourrions simplement demander au Seigneur : Que veux-tu que je fasse ?

Les fruits de cette préparation venant de l’intégration des paroles du Christ dans notre vie, nous permettront d’orienter efficacement les préparatifs matériels de cette rencontre. Que cette Eucharistie nous nourrisse complètement pour cette semaine. Bruno de Vallée, diacre

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