Haro sur l'Eglise !
Crucifie-le !
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Crucifie-le !

Alors qu’il y a six mois, juste avant sa visite en France, seul un français sur quatre n'avait pas confiance dans le Saint-Père, un sondage CSA paru dans La Croix révèle que 57% d’entre eux ont aujourd’hui une mauvaise opinion de lui. Pire : parmi les catholiques, la "chute" est tout aussi forte : d’un sur cinq à 55%... Quelle tristesse ! Et que dire des responsables, politiques ou même chrétiens, qui l’ont vilipendé ou pas soutenu… Comment expliquer un tel déferlement ?

Le Pape a-t-il eu tort de tendre la main aux intégristes pour leur permettre de réintégrer le giron de l’Eglise – à condition qu’ils acceptent de recevoir les enseignements du concile Vatican II ? En tant que garant de l’unité, c’est là une de ses missions principales, qu’il a exercée en continuité avec ce que son prédécesseur et lui-même (en tant que cardinal) avaient déjà fait. Benoît XVI a-t-il eu tort d’affirmer que le préservatif n’est pas la solution au fléau du sida, mais qu’il aggrave le problème ? Voyons les faits : tous les pays africains qui ont lancé des campagnes d’incitation à l’utilisation du préservatif n’ont constaté aucune amélioration sensible, voire des aggravations. L’un des seuls pays africains où la situation s’est nettement améliorée (le taux d’infection est passé depuis 1986 de 19% à 6%) est l’Ouganda, qui a développé une stratégie tout à fait différente, qui met en avant l’abstinence (pour les jeunes et célibataires) et la fidélité (pour les couples mariés). Affirmons-le clairement : si les propos du pape dérangent, c’est tout simplement parce qu’ils sont évangéliques et remettent en question la manière de vivre de beaucoup. Que ceux qui refusent d’entrer dans une telle perspective fassent mieux d’utiliser le préservatif plutôt que de transmettre ou contracter la maladie est une évidence, que le pape n’avait pas besoin de rappeler. L’Osservatore Romano – journal officiel du Vatican – le souligne d’ailleurs dans son édition du 22 mars : un missionnaire d’Afrique y déclare que "le préservatif a un rôle dans des épidémies localisées et dans des groupes particuliers : prostituées, homosexuels et drogués."

Quels enseignements les chrétiens peuvent-ils tirer de tout cela ? D’abord, améliorions nos capacités de communication – Benoît XVI lui-même en a convenu dans la lettre qu’il a adressée récemment aux évêques. Ensuite, ne nous faisons pas d’illusions : le Christ lui-même a fait une chute vertigineuse dans les sondages : de la popularité glorieuse des débuts de son ministère (au point qu’on veut faire de lui le roi d’Israël, cf Jn 6, 15) au "lynchage médiatique" de la fin ("crucifie-le !" en Mc 15,13). Enfin, last but not least, convertissons-nous, afin de mieux accueillir, vivre et témoigner du message de l’Evangile  P. Arnaud Duban Haut

Seigneur, préserve-nous du fétiche !

Le déchaînement médiatique autour de cette question du préservatif en dit long sur le statut de fétiche que cet accessoire endosse…  Un fétiche c’est, pour les religions primitives, un objet doté de pouvoirs magiques et protecteurs, et adoré comme un être vivant : il convient de ne pas le malmener, témoin cette histoire édifiante : "Le collège béninois Les Cocotiers a semble-t-il mis un terme aux évanouissements groupés qui se sont produits au cours des quinze derniers jours à Porto-Novo. Les pertes de connaissance étaient semble-t-il causées par un fétiche malmené lors de la construction de l’établissement" (Source Afrik.com).

La fétichisation du préservatif repose sur le paradoxe qu’il est censé assumer : il protège à la fois de la vie et de la mort.  Il protège en fait de la relation authentique qui apparaît toujours menaçante : tel est son rôle véritable. En cela il est objet d’adoration, mais aussi  de haine car on ne peut s’en passer, "il fait éternel retour"…

Des spécialistes des relations perverses (notamment dans le couple), comme Maurice Hurni et Giovanna Stoll, notent ceci : "On connaît le rôle central dévolu au fétiche dans les organisations perverses. Création et aboutissement vital d’une tentative de conciliation de deux vérités clivées, il condense sur lui des sentiments d’horreur et de vénération… Dans la pratique, nous avons pu constater la propension de nos couples pervers à mutiler la réalité, à détruire toute forme de vitalité, à déshumaniser les relations libidinales, en vue de constituer des fétiches qui, secondairement idéalisés, vont les protéger de la relation. En d’autres termes, leur tendance à se constituer un environnement déshumanisé " (La haine de l’amour, la perversion du lien, p. 252, éd. L’Harmattan).

La perversion narcissique se caractérise, entre autres, par l’attaque contre la pensée (ces auteurs parlent de "décervelage"; "Penser : voilà l’ennemi" : Chasseguet-Smirgel) au profit de l’agir ; par la manipulation de la communication, par la disqualification de l'autre, par un mépris de la vérité : "la vérité n’importe pas au pervers narcissique. Tout en masques et faux-semblants, couvert de vernis, il n’a que faire de la vérité : moins exigeantes et plus avantageuses sont les apparences" (Le génie des origines, Paul-Claude Racamier, p. 292, Payot).

Le fétiche a pour rôle de maintenir la croyance illusoire "en la mère phallique par laquelle est désavouée la réalité de la différence des sexes. Croyance fragile, toujours à la merci d’une révélation qui viendrait la détruire" (Dorey, cité par Hurni et Stoll). Ce doit être un objet "sans faille", une figure de la toute-puissance, d’un monde sans limite, sans frustration. Bref, d’un monde d’avant l’Œdipe, d’un monde sans père. On comprend alors le déchaînement de haine contre ceux qui rappellent ces vérités élémentaires inscrites dans le cœur de l’homme et révélées dans la Genèse : que l’être humain a été créé homme et femme (Gn 1,27), qu’il ne peut exister d’amour d’élection sans quitter père et mère – et non pas simplement les parents – (Gn 2,24) , qu’il y a en lui des lois intransgressibles sous peine de mort car vouloir tout c’est aussi "manger l’autre" (Gn 2,16-17) …

Reste enfin ce choix impérieux que Dieu lui-même demande : "Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie…" (Deutéronome 30, 19). Grâce au préservatif – qui figure le non choix par excellence – certains prétendent ainsi  pouvoir échapper à cette demande radicale et ne pas se soumettre à ce jugement (étymologiquement ce sont des hypo-crites).  La science de la psyché parle de fétiche, la "science" spirituelle – qui s’occupe des rapports entre le transcendant et le créé, au moins pour le monothéisme – parle, elle, d’idole puisque nous n’adorons qu’un seul Dieu : "Si ton coeur se détourne, si tu n'écoutes point et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir, je vous déclare aujourd'hui que vous périrez certainement…" (Dt 30, 17).

La pensée perverse mène donc un double combat : contre le psychique et contre le spirituel. Il est important pour les chrétiens, mais aussi pour tous, de ne pas se laisser entraîner sur le terrain du paradoxal, c’est-à-dire du choix entre deux propositions inconciliables qui visent toujours à "rendre l’autre fou" (cf. Searles, L’effort pour rendre l’autre fou). Comment aurait réagi Jésus, confronté à une telle situation ? Nous trouvons dans l’évangile dit "de la femme adultère" (Jean 8, 3-11) une réponse magistrale à ce qu’on appelle le "double bind" ou encore la "double contrainte".  A ceux qui veulent le "coincer" Jésus répond : "Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !". Autrement dit il les renvoie à eux-mêmes. Le procès qui est fait aux chrétiens sur cette question du préservatif est de même nature. Ou bien nous en condamnons l’usage, et alors nous sommes des assassins, ou bien nous le recommandons et nous encourageons, de ce fait, toutes les attitudes irresponsables et non humaines dont est capable l’homme (c’est la problématique perverse) et alors nous sommes en contradiction avec notre mission. Il n’y a donc pas à entrer dans ces impasses où conduisent toutes ces "pensées" paradoxales qui, finalement, divisent l’homme et les chrétiens eux-mêmes : celui qui divise porte un nom bien connu… Renvoyons donc ces accusateurs, ces destructeurs de liens, à leurs propres problèmes, à leurs pulsions de mort qu’ils veulent injecter dans les autres selon des mécanismes que la psychanalyse a bien mis en lumière ces dernières années. Une telle attitude a d’ailleurs mis en rage ceux qui ont prétendu rendre compte de la visite de Benoit XVI en Afrique : ils lui ont reproché la suite plutôt paisible qu’il a donnée à cette affaire ! Plus que jamais, comme le dit Jésus, "Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t-en annoncer le Royaume de Dieu." (Luc 9, 60). JCH Haut

Libre opinion : un jeune de 19 ans s'exprime

Chers frères et sœurs,

J'engage tout d'abord tous les fidèles, et les citoyens responsables à lire la lettre du Saint Père aux Évêques de France. J'ai personnellement, en tant que jeune homme de dix neuf ans, été profondément touché par sa profondeur et la souffrance dont elle témoignait. Je ne me prévaux d'aucune légitimité particulière quant aux propos qui vont suivre mais souhaite uniquement, avec humilité, vous présenter ce qui est le fruit de l'indignation et de la détresse face à un monde qui confine à l'incompréhension et au désespoir.

Chaque jour, ces temps derniers, des gens - dans la rue, dans les journaux, à la télévision - manifestent leur agressivité à l'égard du catholicisme, de ses valeurs, de son action et de ses représentants officiels. Animés par des intentions hostiles ou mus par le moteur puissant de l'ignorance ils déferlent en propos haineux contre la foi qui nous anime. Leurs insultes vous touchent autant que moi et le climat médiatique français semble montrer bien peu de mansuétude et de recul face à l'information. Le Saint Père ouvre-t-il la bouche qu'on invente déjà l'offense fantasmée qui doit en sortir. Certains catholiques en viennent même à douter et répudient Benoît XVI en ayant de lui l'image qu'en donnent les médias plutôt que le vrai visage d'un homme de culture, brillant théologien et vibrant promoteur de l'Unité de Église.

Les infamies sont légions qui circulent pour souiller l'image de l'Église : on stigmatise l'enfance du Saint Père en le qualifiant de nazi alors même que ses parents, authentiques anti nazis, ont tout fait pour empêcher son enrôlement dans les jeunesses hitlériennes, qui finira par venir comme pour tous les jeunes de cette époque en Allemagne. A cela s'ajoute l'habituelle rhétorique d'un athéisme aveugle et obscurantiste qui manifeste avant tout l'absence de culture et de connaissance sur le sujet qu'il entend aborder. Je ne renie pas ici, bien sûr, la possibilité pour de nombreuses personnes d'être athées, agnostiques ou autres avec légitimité et intelligence.

De tels propos inquisiteurs, aveugles et imprégnés d'intolérance ne doivent pas nous faire adopter une posture coupable qui est justement ce qu'attendent ces ennemis déterminés de l'Église. Le Vatican communique mal, dit-on, certes, si l'art de la communication est celui d'une non pensée habillée avec un talent douteux pour paraître consensuelle et acceptable par une population intellectuellement "légumisée », alors le Vatican communique mal et ce doit être une fierté pour tous les fidèles. Les interventions de notre Pape nécessitent maturation, lecture approfondie et relecture afin d'en dégager les axes et l'intentionnalité. Mais où est le mal, si l'inadaptation s'appelle goût pour la précision des mots et la subtilité de la pensée ?

Ce qui manque à l'Église ce sont de grands relais comme le furent François Mauriac ou Paul Claudel, mais c'est désormais à chacun de nous de faire face à ces difficultés et de propager les prises de position de l'Église. Ce sont les ecclésiastiques qui ne doivent pas craindre la vindicte de quelques haineux et dépasser les velléités gallicanes et européocentristes pour s'attacher à faire comprendre aux fidèles les paroles du Saint Père. Le catholicisme est un idéal, un idéal de vie, qui, s'il n'est pas suivi ne doit pas mener en plus de la faute morale à la faute criminelle par le non port du préservatif. Ce que revendiquent les catholiques c'est un mode de vie où le préservatif n'est ni nécessaire ni souhaitable. Accuser l'Église des millions de morts que fait le Sida dans le monde est une allégation honteuse alors même que cette dernière finance 26 % des centres d'accueil et de traitement contre la maladie et milite partout dans le monde pour la gratuité des soins. A ces actions de portée universelle on voudrait assigner la marque du crime et de la honte ! Ce qui est inadmissible c'est de faire croire que chaque contaminé serait victime d'une Église totalitaire qui l'empêcherait de se protéger alors que c'est exactement l'inverse !

Il est à noter que si les populations contaminées ne sont pas majoritairement catholiques (ce qui de facto décrédibilise les accusations portées ici) l'Église en revanche prend en charge le soin de tous les malades.

La position de l'Église mérite certainement des éclaircissements et une ligne de défense, car quand les catholiques en viennent eux-mêmes à douter de leur action l'heure est grave et la passivité, toute intelligente qu'elle soit face à la teneur insensée des accusions, doit être rompue car le monde est lui-même aujourd'hui insensé et trouble, là même où résidait auparavant la clarté. Dans des endroits où 30 à 50 % des gens sont contaminés le préservatif, avec le sentiment de sécurité indu qu'il implique, favorise le développement de pratiques qui pérennisent la présence de la maladie. A cela l'Église répond par une purification des moeurs qui ne peut qu'impliquer un endiguement létal pour l'épidémie. Que ceux qui ne veulent pas de ce mode de vie cessent de le vouer aux gémonies et l'acceptent avec la tolérance dont ils se réclament pour l'opprimer.

Ceux qui voudraient me répondre ou simplement discuter de cette intervention pourront me joindre à cet email Haut

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