Un livre à lire
La foi des démons

Il est des livres importants qui arrivent à point nommé, dans ces lourds moments de crise spirituelle que nous vivons, pour purifier notre foi et notre intelligence : 'La foi des démons', de Fabrice Hadjadj (philosophe et dramaturge), en fait partie. Nous savons que le nom de l’archange saint Michel, le pourfendeur des démons, signifie "Qui est comme Dieu ?". Le livre de Fabrice Hadjadj répond à cette question par une autre qui pourrait se formuler ainsi : "Qui est comme le diable ?". Moi, peut-être, avec ma foi "totale" en Dieu ! Pourquoi pas, car les démons ont aussi une foi inébranlable – inébranlable, c’est le moins qu’on puisse attendre d’eux – en Dieu. Saint Jacques le dit bien : "Toi, tu crois qu’il y a un seul Dieu ? Tu fais bien. Les démons le croient aussi et ils tremblent" (Jc 2,19). Nous pourrons être surpris, et secoués – parions que certains ne le liront pas par crainte d’être renversés de leur trône – par ce livre qui montre autant qu’il est possible à quel point nous sommes dans "la foi des démons" quand nous éprouvons "ce plaisir de ne rien savoir que par acquisition, de ne rien connaître que par possession, d’être éclairé sans se rendre vulnérable à une lumière plus haute qui vous éblouit et vous transperce." Nous sommes comme eux quand nous prétendons accéder à la connaissance de Dieu sans reconnaissance et sans la Charité (cf. saint Paul, 1Co 13) ; quand nous voulons faire le bien selon nos propres plans ; quand nous louons cette sacro-sainte sincérité "qui réfère ultimement la vérité à soi plutôt qu’à la Vérité même" ; quand nous nous faisons "accusateur de nos frères", l’un des noms du démon ! (Ap 12,10). Cette pénétration incisive dans les mécanismes du démoniaque, de la fausseté, nous semble au plus haut point salutaire pour qui veut comprendre spirituellement les enjeux dont les pauvres hommes sont l’objet. Cela retardera – peut-être pour un temps – l’apostasie massive qui a pointé récemment au milieu de ce peuple chrétien si sensible à l’esprit du monde parce qu’il ne s’en protège pas avec le "bouclier de la foi", selon l’expression de saint Paul. De la foi théologale et non pas de "la foi des démons", cela s’entend ! JCH
Ed. Salvator, 20 €