La prière

L'adoration du Saint-Sacrement

Jean-Paul II (photo : D.R.)

L'adoration du Saint Sacrement n'est pas un culte de "dévotion" mais c'est un culte de "latrie" : on entend par là une adoration qui ne peut être réservée qu'à Dieu seul. En effet l'hostie consacrée c'est le Christ lui-même sous les apparences du pain. Ce culte est maintenant très répandu - en particulier dans les communautés nouvelles - et peut être le charisme propre de certains instituts religieux comme l'Adoration Réparatrice, fondé au 19ème siècle et dont la maison mère se trouve à Paris.

Quelques points de repère :
- aux premiers siècles on ne trouve pas de mention particulière de ce culte eucharistique. On ne conservait l’eucharistie que pour la porter aux malades,
- au XI ème siècle, Bérenger de Tours conteste la présence réelle, il ne voit dans l'eucharistie qu'un symbole. Cette hérésie a été condamnée en 1050 au concile de Tours. Ce n'est qu'au concile de Rome de 1079 que Bérenger reconnaîtra ses torts,
- on commence alors à élever l’hostie, pour montrer que Jésus est bien là. Cela exprime un désir profond et, finalement, s'enracine dans le grand réalisme de l'Incarnation : voir le Sauveur !
-sainte Julienne du Mont Cornillon a l’intuition de la Fête Dieu (1258) : faire passer Jésus au milieu des siens. Saint Thomas d'Aquin sera mis à contribution pour structurer cette liturgie,
- les choses se fixent à partir du Concile de Trente (1545).

Existe-t-il des fondations scripuraires pour ce culte ?

Le Christ nous a dit : "Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour" (saint Jean, 6,54). Il ne nous a pas demandé d’adorer son corps eucharistque : les orhodoxes, par exemple, s’en tiennent là.
Dans l’Ancien Testament on trouve pourtant un commandement très intéressant au sujet de la manne, cette nourriture qui, mystérieusement, "tombait du ciel" chaque jour :

"Moïse dit : "Voici ce qu'a ordonné Yahvé : Remplissez-en un gomor et préservez-le pour vos descendants, afin qu'ils voient le pain dont je vous ai nourri dans le désert, quand je vous ai fait sortir du pays d'Egypte." Moïse dit à Aaron : "Prends un vase, mets-y un plein gomor de manne et place-le devant Yahvé afin de le préserver pour vos générations." Comme Yahvé l'avait ordonné à Moïse, Aaron le plaça devant le Témoignage, pour qu'il y soit préservé." (livre de l'Exode, 16,32+).

Ce qui se passe avec Moïse est fondamental. C’est Jésus qui le dit lui-même : "si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est de moi qu’il a écrit" (Jn 5,46). Ainsi, le Christ qui accomplit l’Ancien Testament, donne tout son sens à cette première adoration (le peuple fait mémoire et rend grâce) qui préfigure la véritable adoration prophétisée dans son dialogue avec la Samaritaine :

"L'heure vient - et c'est maintenant - où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père" (Jn 4,23).

Entendons "en esprit et en vérité" comme les "deux mains du Père", l'Esprit-Saint et le Fils, Fils qui dira de lui-même : "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi" (Jn 14,6). Mentionnons enfin ce verset du Psaume 34 qui sollicite notre regard sans, cependant, forcer l'interprétation : "Qui regarde vers lui resplendira et sur son visage point de honte".

La voie la plus simple pour entrer dans la contemplation

Ce qui nous est donc demandé dans l’adoration eucharistique c’est de passer des yeux de chair aux yeux de la foi, donc de la non foi à la foi. Cela implique une purification des sens. C’est un parcours et un combat sans fin. Mais c'est ainsi que Jésus guérit notre regard : on pourrait dire qu’il le "virginise". L’adoration de Jésus caché dans l’eucharistie nous conduit au silence, à vivre plusieurs mortifications, notamment celles :

- de la langue,
- des activités naturelles (manque de foi en Dieu qui agit...)
- des sens,
- de notre raison.

Rejoindre tout homme dans sa faim de Dieu

Mgr Francis Frost, dans une retraite qu'il préchait à des religieuses, exprime admirablement cela :

"Que demande Jésus à nos sens et à notre intelligence ? Il nous demande une certaine crucifixion, et là nous entendons la parole qu'il adresse à Marie-Madeleine après la Résurrection. En grec, c'est un impératif au présent. Donc ce n'est pas : "Ne me touche pas", c'est plutôt : "Ne t'accroche pas à moi", "Ne t'accroche pas à moi de façon sensible".
C'est cet arrachement au sensible et à l'intellectuel, aux deux, qui permet à Jésus d'atteindre nos besoins les plus profonds, parce que nos besoins les plus profonds sont ceux de tout homme. Car il y a dans notre coeur une faim de Dieu que rien, au niveau des sens et de l'intelligence, ne peut combler. Par conséquent, Jésus doit s'adresser à cette faim et, partant de là, il nous demande le dépassement des sens et de l'intelligence pour qu’il puisse toucher l'endroit de nous-mêmes où cette faim s'enracine. C'est lorsque nous sommes dans cette nudité devant Dieu, dans la foi et l'amour, que nous rejoignons, dans notre apostolat, les êtres qui ont le plus besoin de Dieu"

C'est bien pour cela que l'adoration du Saint-Sacrement est une oeuvre missionnaire entre toutes, d'une ampleur considérable. La nouvelle évangélisation ne peut prendre sa source que dans l'eucharistie célébrée et adorée. JCH

Adoration du Saint Sacrement

Tous les jours (sauf vendredi) à la chapelle de la Vierge, dans l'église, de 15h à 18h45
Tous les vendredis de 15h à 18h50, à la crypte (1, rue Corot)
Adoration à Montmartre : Mme Schwab (01.46.51.96.36), M. Pelen (01.46.47.95.48)
 

Le chapelet

Chapelet

La prière du Rosaire, dans sa forme structurée, remonte à saint Dominique (13ème siècle). Elle consiste à méditer les grands mystères du salut en les accompagnant chacun d'une dizaine de "je vous salue Marie". Le Rosaire est divisé ainsi en quatre grands groupes de mystères : joyeux, douloureux, glorieux et - récemment introduits par Jean-Paul II - lumineux. Chacun de ces groupes est constitué de 5 mystères, donc de 5 dizaines de "je vous salue Marie" à réciter. L'usage le plus répandu consiste à réciter un chapelet par jour, c'est-à-dire à prier les mystères joyeux (naissance du Christ) le lundi et le samedi ; lumineux (vie publique du Christ) le jeudi ; douloureux (passion et mort du Christ) le mardi et le vendredi ; glorieux (résurrection) le mercredi et le dimanche. La lettre apostolique "Rosarium virginis Mariae" du pape Jean-Paul II constitue une excellente catéchèse sur le sujet.

On introduit la récitation du chapelet par un Credo ("je crois en Dieu le Père tout puissant...") suivi par un "Notre Père.." et trois "Je vous salue...". Puis chaque dizaine commence par un "Notre Père.." suivi de dix "Je vous salue..." et se conclut par une doxologie ("Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Amen.").

Les vingt mystères du Rosaire (*)

Les mystères joyeux :
- l’annonciation : l’ange Gabriel annonce à Marie qu’elle aura un fils (Lc 1,26-38),
- la visitation : visite de Marie à sa cousine Elisabeth enceinte de Jean-Baptiste (Lc 1,39-56),
- la naissance de Jésus à Bethléem (Lc 2,1-20),
- la présentation de Jésus au Temple (Lc 2,22-35),
- le recouvrement de Jésus au Temple (Lc 2,41-52).
Les mystères lumineux :
- le baptême du Christ dans le Jourdain (Mt 3,17),
- les noces de Cana (Jn 2,1-12),
- l'annonce du Royaume de Dieu (Mc 1,15 et 2,3-13 ; Lc 7,47-48 ; Jn 20,22-23),
- la Transfiguration du Christ (Lc 9,35),
- l'institution de l'Eucharistie (Jn 13,1).
Les mystères douloureux :
- prière de Jésus à Gethsémani, la veille de sa Passion (Mt 26,36-46 ; Mc 14,32-42 ; Lc 22,40-46),
- la flagellation (Mt 26,67-68 ; Mc 14,65 ; Lc 22,63-66),
- le couronnement d’épines (Mt 27,27-31 ; Mc 15,16-20 ; Jn 19,2-3),
- Le portement de la Croix (Mt 27,32-33, Mc 15,16-20 ; Lc 23,26 ; Jn 19,17),
- la crucifixion (Mt 27, 32-43 ; Mc 15, 21-27 ; Lc 23, 33-34 ; Jn 19, 17-24).
Les mystères glorieux :
- la R ésurrection (Mt 28,1-8, Mc 16,1-8 ; Lc 24,1-10 ; Jn 20,11-18),
- l’Ascension (Mc 16,19 ; Lc 24,50-52 ; Act 1,3-14),
- la Pentecôte (Ac 2,1-13),
- l’Assomption de Marie (Ap 12,1),
- le couronnement de Marie au ciel (Ap 12,1).
 
* Jn, Lc, Mc, Mt : respectivement, évangiles selon saints Jean, Luc, Marc, Matthieu
Ac : Actes des Apôtres ; Ap : livre de l'Apocalypse

Prière du chapelet

Equipes du Rosaire : Mme Tournier - 01.46.47.97.64
Chapelet à 18h, du lundi au jeudi, à l'église (chapelle de la Vierge) ou à la crypte
 

Les jeunes d'Auteuil en prière

Vierge de Vladimir

Tous les mercredis à la crypte (1, rue Corot, 75016) : louange, lecture, méditation et adoration du Saint-Sacrement. Temps de prière ouvert à tous, de 21h à 22h.

Le monastère invisible

Durer

De 2002 à 2009, un "monastère invisible" regroupait des paroissiens de Notre-Dame d'Auteuil soucieux de prier pour la paroisse et ses intentions grâce à une "lettre de liaison". En cette année 2009, le diocèse de Paris a fondé lui-même un "monastère invisible diocésain " particulièrement orienté vers la prière pour les vocations sacerdotales. La Paroisse s'est donc reliée à ce nouveau monastère diocésain que vous pouvez rejoindre en écrivant à : Service des vocations, 10 rue du cloître Notre Dame 75004 Paris

Pour en savoir plus

www Service des Vocations
 
FF